La fureur de Dracula
par Aen |
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Auteurs : Stephen Hand, Kevin Wilson Illustrateurs : Andrew Navaro, Scott Nicely Editeur : Ubik / Fantasy Flight Games Nombre de joueurs : 2 à 5 Durée de la partie : 2 à 3 heures Prix : 45 €
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La Fureur de Dracula,
version 2007, est une réédition d'un classique de 1989. Cette mise au
goût du jour est principalement orientée sur le nouveau graphisme. De
ce point de vue, rien à redire : le plateau est de qualité, les
illustrations des cartes magnifiques, des pions variés et réussis
agrémentent le tout. Un succès de ce côté-là, qui a le mérite de
plonger directement les joueurs dans l'ambiance horreur gothique.
Du côté du livre de règles, on se retrouve avec un livret proche de celui du Trône de Fer
: bien illustré, très clair quoi qu'un peu dense. De quoi tout
comprendre sans erreur possible, notamment grâce aux nombreux exemples
de jeu fournis. Cependant, ne croyez pas qu'il vous sera pour autant
possible de jouer directement après avoir ouvert la boîte : les règles
sont longues, la mécanique un petit peu complexe, et si on n'hésite
plus après les avoir lues (ou qu'on s'y retrouve sans problème en cours
de partie), il vaut mieux anticiper et s'y atteler avant la première
partie. Sous peine de devoir faire patienter tout le monde une bonne
heure.
Que la chasse commence !
Le concept de La Fureur de Dracula
est plutôt clair : un joueur prend le rôle de Dracula, les autres
seront ses chasseurs. Et il y a du beau monde au balcon : Van Helsing,
Mina Harker, Lord Godalming et le Dr. Seward, des personnages issus
directement du roman de Brahm Stocker. Pendant qu'ils traquent le Comte
des Carpates, celui-ci tente de créer de nouveaux vampires. Les
chasseurs doivent tuer Dracula avant qu'il n'ait créé six créatures de
la nuit. S'ils y parviennent, ils gagnent. Dans le cas contraire, c'est
le Comte qui remporte la victoire.
Chaque joueur a devant lui une fiche de
personnage joliment illustrée. On retrouve dessus son état de santé et
ses capacités spéciales. Il possède également un personnage en
plastique qu'il déplacera sur la carte de l'Europe à la poursuite du
vampire. Le jeu connaît en pratique deux phases : la recherche de
Dracula et son élimination (ou pas).
1ère phase : A la recherche de Dracula.
Durant cette phase, les chasseurs parcourent l'Europe qu'ils fouillent
de fond en comble pour mettre la main sur le Comte. Celui-ci se déplace
également, secrètement, de ville en ville. Il a devant lui une piste où
il aligne les cartes de lieux où il s'est rendu, lui interdisant d'y
retourner. A mesure que son chemin s'allonge, il les récupère pour
pouvoir semer le doute sur son trajet. Sur chacune de ces cartes, il
peut poser des rencontres afin de créer de nouveaux vampires ou de
mettre des embûches sur le chemin des chasseurs. Trois moyens de
transports permettent de voyager dans cette Europe simplifiée : la
route, le bateau et le train, ce dernier moyen étant interdit au
vampire. Dans les villes, les chasseurs peuvent s'équiper et tirer des
cartes événements, qui peuvent leur être bénéfiques ou aider au
contraire Dracula.
Une fois qu'un chasseur croise la route du
Comte, ou une des cartes placées sur sa piste, le jeu s'accélère et
Dracula est généralement trouvé assez rapidement. L'affrontement
commence alors. Ajoutons avant de passer à la suite qu'à chaque tour,
un pion indiquant la phase du jour ou de la nuit avance d'un cran, et
qu'un vampire est ajouté à chaque nouvelle aube.
2ème phase : Combat.
Lorsqu'un chasseur se retrouve dans une
ville où est également Dracula, un combat a lieu. Le système de
résolution utilisé est relativement bien pensé : chacun des opposants
joue une carte action face cachée, on jette un dé, et le vainqueur
compare sa carte à celle de son adversaire pour découvrir ce qu'il
advient. Les résultats peuvent aller de la fin du combat par la fuite,
aux blessures ou à la mort.
Relativement bien fait, donc. Car l'issue
du combat dépend en grande partie si le soleil brille dans le ciel ou
s'il fait nuit : le joueur incarnant Dracula a beaucoup plus de
pouvoirs la nuit et son sort ne fait pas vraiment de doute s'il se bat
de jour. Pour preuve : il suffit de trois jets de dés bien sentis en un
combat pour le liquider en bonne et due forme.
L'heure du jugement.
Au final, on se retrouve devant une semi
réussite. Tout est fait pour rendre le jeu attirant, avec de nombreuses
possibilités au moment de la recherche du Comte, un graphisme soigné et
pas mal de fun dans cette partie. Mais l'ensemble est gâché par la
faiblesse de Dracula, la grande difficulté à semer ses poursuivants une
fois repéré, la grande facilité pour les chasseurs à s'équiper de la
tête au pied.
Pour résumer, il vous faudra utiliser les règles additionnelles faciliter la partie pour Dracula
pour espérer voir autre chose qu'une victoire à coup sûr des chasseurs.
Enfin, saluons la possibilité de pouvoir jouer à deux, qui n'est
malheureusement pas une réussite : un joueur joue Dracula, l'autre tous
les chasseurs (toujours présents quelque soit le nombre de joueurs),
assurant une collaboration totale entre traqueurs, ce qui ne rend pas
les choses plus amusantes. La Fureur de Dracula est un bon jeu donc, à condition d'être rééquilibré.
Aen
le 27/03/2007 |